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RSE en entreprise : les erreurs à éviter selon Rémi Postic

25 Août, 2026

Avec : Rémi Postic & Agnès BORE

La RSE est encore trop souvent perçue comme une contrainte réglementaire ou une ligne de dépense supplémentaire. Pourtant, bien pensée, elle peut devenir un véritable levier de performance et de transformation pour les entreprises.

C’est tout l’enjeu de ce nouvel épisode de Vision & Terrain d’Oc, l’émission podcast proposée par Impact Evolution qui met en lumière les femmes et les hommes qui font vivre la dynamique économique occitane.

Dans cet épisode, nous recevons Rémi Postic, ingénieur de formation et fondateur de VERAE Consulting, cabinet spécialisé en stratégie RSE. Fort d’une expérience dans l’aéronautique et d’une approche résolument chiffrée du sujet, il propose une vision de la RSE ancrée dans le réel : concrète, mesurable et actionnable, loin des discours théoriques ou de posture.

La RSE, une définition simple : la gestion des risques physiques

Pour comprendre la RSE autrement, il faut d’abord la redéfinir simplement : c’est avant tout une gestion des risques physiques qui pèsent sur une entreprise. Identifier ce qui est susceptible d’arriver, l’analyser sans œillères, le quantifier, puis passer à l’action pour limiter ces risques. Une approche pragmatique qui s’éloigne des postures militantes pour se rattacher à des éléments concrets et mesurables.

Cette vision s’appuie sur une réalité systémique : les risques physiques génèrent des coûts, ces coûts remontent vers le monde assurantiel, qui répercute ensuite des hausses de primes, ce qui alimente à son tour de nouvelles réglementations. Tant que cette boucle continue, les obligations liées à la RSE ne feront que se renforcer, quel que soit le contexte politique du moment.

Erreur n°1 : penser que la RSE est une mode passagère

Une des erreurs les plus fréquentes consiste à penser que la RSE pourrait s’estomper au gré des alternances politiques. Or, la réalité physique et économique qui sous-tend ces enjeux ne dépend pas d’une élection ou d’un changement de gouvernement. Les impacts économiques déjà constatés à travers le monde illustrent une lame de fond bien plus structurelle qu’un simple effet de mode.

Erreur n°2 : considérer la RSE comme une dépense plutôt qu’un investissement

Beaucoup de dirigeants freinent leur démarche RSE en la percevant comme une charge financière sans contrepartie. C’est pourtant l’un des points de blocage majeurs à lever : une action RSE bien choisie, spécifique et mesurée, peut générer des bénéfices économiques concrets. Cela peut passer par une meilleure valorisation lors d’un appel d’offres, une réduction de charges, un accès facilité à des financements ou encore une meilleure attractivité auprès des talents. En articulant clairement le sujet économique et le sujet RSE, il devient possible d’engager une véritable boucle vertueuse : une action génère de la performance, qui permet d’investir davantage, qui génère à son tour plus d’efficacité.

Erreur n°3 : appliquer une même stratégie RSE à toutes les entreprises

Il n’existe pas de recette universelle. Les enjeux d’une entreprise de services principalement concentrés sur la masse salariale n’ont rien à voir avec ceux d’une industrie lourde confrontée à des problématiques d’actifs physiques, de machines ou de chaînes de production. Une stratégie RSE efficace doit donc être construite sur mesure, à partir des réalités concrètes de terrain de chaque structure et déclinée différemment selon les métiers et les services concernés au sein même de l’entreprise.

Erreur n°4 : viser une certification plutôt qu’une trajectoire d’amélioration continue

Contrairement à une démarche qualité, où l’on peut atteindre un certain niveau de certification puis le maintenir, la RSE ne fonctionne pas comme un objectif figé. C’est un chemin, une transformation permanente qui s’inscrit dans la durée, plutôt qu’une case à cocher. L’enjeu n’est donc pas de se déclarer « en règle » mais d’organiser une amélioration continue, en mesurant les évolutions et en fixant des objectifs progressifs dans le temps.

Comment rendre une démarche RSE crédible aux yeux d’une entreprise ?

Pour embarquer réellement des équipes, la démarche doit être associée à des problématiques concrètes et spécifiques à l’entreprise concernée, et non présentée comme une contrainte réglementaire ou une injonction morale. Parler le langage de chaque interlocuteur, qu’il s’agisse d’un directeur financier, d’un responsable logistique ou d’un service des ressources humaines, permet de transformer une réticence initiale en véritable adhésion. C’est bien le cumul de ces actions progressives, adaptées à la réalité du terrain, qui construit une stratégie RSE efficace dans la durée.

Le rôle de l’intelligence artificielle dans les métiers du conseil RSE

L’intelligence artificielle apporte également une réelle plus-value dans ce domaine, notamment pour la rédaction de rapports et de présentations, un exercice chronophage pour des experts davantage focalisés sur l’analyse et les chiffres. Ce gain de temps ne remplace toutefois pas l’essentiel : la transformation elle-même, ce passage du « je comprends » au « j’agis », qui reste un exercice profondément humain. L’IA libère du temps que les équipes peuvent réinvestir dans l’accompagnement et l’engagement des collaborateurs, seul véritable moteur de la transformation.

Vers une intégration des indicateurs extra-financiers dans la gestion d’entreprise

À l’image du contrôle de gestion financier, aujourd’hui indispensable pour piloter une entreprise, la RSE pourrait, d’ici cinq à dix ans, s’imposer avec ses propres indicateurs extra-financiers, mesurés et intégrés directement dans les processus de décision. Une évolution qui rejoint les grands enjeux de stratégie et de communication des entreprises : mesurer, quantifier, et être capable de valoriser ses actions auprès de ses parties prenantes.

Vision & Terrain d’Oc : des regards complémentaires sur l’entreprise occitane

Cet épisode consacré à la RSE fait suite à celui du précédent épisode de Vision & Terrain d’Oc, qui donnait la parole à Gaëlle Baudry sur l’impact de l’intelligence artificielle dans la communication et le marketing digital. Deux sujets d’apparence différents, mais qui partagent une même exigence : celle de transformer des enjeux complexes en actions concrètes, mesurables et adaptées à la réalité de chaque entreprise.

Pour aller plus loin sur le sujet, retrouvez également notre article dédié à l’intégration de la RSE à l’échelle de son entreprise, ainsi que l’épisode de Vision & Terrain d’Oc avec Didier Auzanne consacré au management et à la fidélisation des équipes, co-fondateur d’Adelyce.

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